Beyond the lens
Lasne - Brabant Wallon
« En découdre ».
Le travail de Sandra Velarde Gonzalez (née en 1976, artiste - graphiste, vit à Walhain) s'inscrit dans une démarche poétique engagée, où les matériaux et techniques explorent des dualités fondamentales : visible/invisible, intérieur/extérieur, intime/collectif.
Le filet , au cœur de sa pratique, est une métaphore puissante, symbolisant à la fois protection et contrainte, dévoilement et dissimulation. Ce matériau, à la fois fragile et robuste, agit comme une frontière poreuse entre des mondes opposés ou complémentaires.
Dans ses images, le masque posé sur le visage d’une jeune femme, en transparence, interroge la perception et la représentation dans l’espace intime et public. Il protège sans réellement cacher, laissant passer la lumière et les regards, la fragile protection face au monde extérieur pose une limite symbolique. Ce masque joue également sur une ambiguïté, laissant entrevoir certaines parties du visage tout en dissimulant les autres. Cette tension entre le visible et l’invisible peut refléter différentes facettes de nos identités, souvent exposées ou protégées selon les contextes sociaux ou personnels.
En utilisant des matériaux recyclés et des résidus du quotidien, elle interroge non seulement notre rapport à l'esthétique et à l'artisanat, mais également les notions de valeur et de durabilité. Ces créations sont teintées d’une sensualité discrète, associent des matériaux délicats: dentelle, le bas nylon ou des filets de citrons et d’oranges.
Dans ses carnets textiles cousus main, ce qui est considéré comme imparfait ou inutile dans notre société consumériste trouve une nouvelle vie dans ses créations. Comme une invitation à revoir les notions de «perfection» et de «beauté», qui, par le passé, imposaient des normes rigides où l’envers des œuvres textiles devait être impeccable.
Sa «technique libre et dans les marges» résonne avec une certaine philosophie de l’art contemporain où l’improvisation et l’irrégularité ont toute leur place dans le processus de création, offrant une liberté qui déconstruit les codes classiques, tout en ouvrant un dialogue sur l’imperfection comme acte esthétique et politique.